<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Semina Veritatis</title><link>http://ioannes.canalblog.com/</link><description>Le blog de Ioannes. Quelques semences de r&#xe9;flexion th&#xe9;ologique et philosophique...</description><language>fr</language><lastBuildDate>Thu, 12 Nov 2009 07:37:22 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>L&apos;affirmation du monde</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/29/8137759.html</link><category>The&#xf4;ria</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/29/8137759.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8137759/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/29/8137759.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/16/86/328274/22691297.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;143&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/16/86/328274/22691297_p.jpg&quot; alt=&quot;00_bosch19&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;J&apos;ai
interrog&#xe9; la terre et elle m&apos;a dit: &apos;Je ne suis pas&apos;; et tout ce qu&apos;il
y a aussi en elle a confess&#xe9; la m&#xea;me chose. J&apos;ai interrog&#xe9; la mer et
les ab&#xee;mes et tout ce qui rampe parmi les &#xe2;mes vivantes et ils m&apos;ont
r&#xe9;pondu: &apos;Nous ne sommes pas ton dieu, cherche au-dessus de nous.&apos; J&apos;ai
interrog&#xe9; le souffle des brises et l&apos;air tout entier avec ses habitants
m&apos;a dit: &apos;Anaxim&#xe8;ne* se trompe, je ne suis pas Dieu&apos;. J&apos;ai interrog&#xe9; le
ciel, le soleil, la lune, les &#xe9;toiles: &apos;Nous non plus, nous ne sommes
pas le dieu que tu cherches&apos;, disent-ils.&amp;nbsp; Et j&apos;ai dit &#xe0; tous ceux
qui se tiennent autour des portes de ma chair: &apos;Parlez-moi de mon Dieu,
que vous n&apos;&#xea;tes pas, dites-moi quelque chose de lui.&apos; Et ils
s&apos;&#xe9;cri&#xe8;rent d&apos;une grande voix: &apos;C&apos;est lui-m&#xea;me qui nous a faits.&apos; Mon
interrogation &#xe9;tait la tension de mon d&#xe9;sir et leur r&#xe9;ponse &#xe9;tait leur
beaut&#xe9;.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saint Augustin, &lt;em&gt;Confessions&lt;/em&gt;, X, 6, 9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#xe9;sir d&apos;Augustin, parce qu&apos;il est infini, se heurte aux d&#xe9;fauts
des choses finies. C&apos;est lorsqu&apos;il reconna&#xee;t que nulle d&apos;entre elles
n&apos;est Dieu, qu&apos;il peut appr&#xe9;cier pleinement leur beaut&#xe9;, et avec
d&apos;autant plus d&apos;admiration qu&apos;il les consid&#xe8;re dans l&apos;horizon de Celui
qui les a faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons d&apos;une chose finie notre absolu, notre d&#xe9;sir ne sera
jamais combl&#xe9;. Peut-&#xea;tre s&apos;&#xe9;teindra-t-il &#xe0; la longue, en raison de
notre lassitude. Mais cela n&apos;est-il pas pire encore qu&apos;un
manque continuel?&lt;br /&gt;Dieu seul, qui est infini, comble parfaitement notre d&#xe9;sir sans l&apos;&#xe9;teindre jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n&apos;acquiescerons jamais r&#xe9;ellement au monde si nous voulons en
faire notre dieu, si nous refusons de voir qu&apos;il est imparfait. Si nous
attendons tout du monde, ou bien nous serons d&#xe9;&#xe7;us et nous finirons par
le ha&#xef;r, ou bien nous devrons, jusqu&apos;&#xe0; un certain point, renier notre
d&#xe9;sir et notre espoir, et oublier ce que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#xe0; l&apos;idol&#xe2;trie du monde ou son rejet, l&apos;amour de Dieu nous
donne d&apos;aimer les choses &#xe0; leur juste valeur. Elles ne sont pas tout,
car elles ne sont pas Dieu. Mais elles ne sont pas rien: elles sont
l&apos;oeuvre de Dieu, et &#xe0; ce titre elles sont bonnes et nous parlent de Sa bont&#xe9;.&lt;br /&gt;Il est donc sens&#xe9; de les aimer pour leur Origine, et il est
sens&#xe9; de les aimer pour elles-m&#xea;mes, mais il est insens&#xe9; de les aimer
plus que leur Origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la foi n&apos;implique pas, comme on le croit souvent, une
n&#xe9;gation du monde. Mais la reconnaissance du Dieu cr&#xe9;ateur ouvre
l&apos;espace n&#xe9;cessaire &#xe0; un v&#xe9;ritable Oui &#xe0; la terre et &#xe0; notre existence
sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_____________&lt;br /&gt;*Anaxim&#xe8;ne: philosophe pr&#xe9;socratique qui faisait de &amp;quot;l&apos;air&amp;quot; le principe fondamental du r&#xe9;el.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 29 Feb 2008 09:53:00 GMT</pubDate></item><item><title>Folie et sagesse de la Croix</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/21/8037922.html</link><category>J&#xe9;sus-Christ</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/21/8037922.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8037922/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/21/8037922.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/91/50/328274/22390297.gif&quot;&gt;&lt;img width=&quot;215&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/91/50/328274/22390297_p.gif&quot; alt=&quot;00_cross2&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Alors
que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en qu&#xea;te de
sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifi&#xe9;, scandale pour les
Juifs et folie pour les pa&#xef;ens, mais pour ceux qui sont appel&#xe9;s, Juifs
et Grecs, c&apos;est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce
qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est
faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.&amp;quot;&lt;/em&gt; 1Co 1, 22-25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Croix est-elle folie pour les Grecs?&lt;br /&gt;Plusieurs
r&#xe9;ponses sont possibles. Pour en donner l&apos;une ou l&apos;autre, il faut se
souvenir de ce que proposent les sagesses des Grecs.&lt;br /&gt;Le platonicien
cherche &#xe0; se d&#xe9;livrer de l&apos;emprise du corps par l&apos;exercice de son
intelligence, seule partie r&#xe9;ellement divine en l&apos;homme. Cette
d&#xe9;livrance n&apos;est accessible qu&apos;au petit nombre, et pour cette raison
c&apos;est une &#xe9;lite qui doit r&#xe9;gir la cit&#xe9;.&lt;br /&gt;Le sto&#xef;cien, lui, cherche l&apos;&lt;em&gt;apatheia&lt;/em&gt;,
l&apos;absence de passion; il s&apos;applique &#xe0; accepter ce qui ne d&#xe9;pend pas de
lui, afin de ne pas &#xea;tre troubl&#xe9; par les &#xe9;v&#xe9;nements adverses. Il
recherche le bonheur dans la vertu, par la ma&#xee;trise de soi. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour qui accepte un Dieu mort et ressuscit&#xe9;, cela n&apos;a plus de sens. &lt;br /&gt;En
effet, si Dieu s&apos;est fait homme, si Dieu lui-m&#xea;me a v&#xe9;cu dans un corps
mortel, alors le corps n&apos;est pas un tombeau, et l&apos;intelligence n&apos;est
pas une petite divinit&#xe9;. D&#xe8;s lors, les plus intelligents perdent leurs
privil&#xe8;ges: seul compte l&apos;amour qui va jusqu&apos;&#xe0; donner sa chair et son
sang, que l&apos;on prodigue parce qu&apos;ils sont pr&#xe9;cieux.&lt;br /&gt;De m&#xea;me, si Dieu
a souffert, si l&apos;on peut &#xea;tre l&apos;homme le plus accompli et souffrir -
car le Christ &#xe9;tait homme et Dieu - alors l&apos;id&#xe9;al de l&apos;&lt;em&gt;apatheia&lt;/em&gt;
perd toute sa valeur. Au regard de l&apos;amour du Christ, la &amp;quot;vertu&amp;quot;
sto&#xef;cienne appara&#xee;t comme un &#xe9;go&#xef;sme qui ne dit pas son nom. Et
surtout, pour admettre la Croix, le &amp;quot;sage&amp;quot; doit perdre l&apos;illusion
qu&apos;une vie parfaite serait exempte de souffrance: l&apos;amour est plus
exigeant que la ma&#xee;trise de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Croix est-elle scandale pour les Juifs?&lt;br /&gt;L&#xe0; aussi
plusieurs r&#xe9;ponses sont possibles, mais on peut avancer celle-ci: les
Juifs du temps de J&#xe9;sus attendaient un Messie triomphant, qui ferait
triompher son peuple. Au lieu de cela, ils re&#xe7;oivent un Sauveur
condamn&#xe9; comme le dernier des criminels. Ce ne peut &#xea;tre qu&apos;un scandale
pour des hommes &amp;quot;pieux&amp;quot; qui croient que la reconnaissance sociale est
le signe d&apos;une b&#xe9;n&#xe9;diction de Dieu. Car si Dieu lui-m&#xea;me a &#xe9;t&#xe9; un
&amp;quot;exclu&amp;quot;, il faut abandonner l&apos;illusion que le &amp;quot;juste&amp;quot; sera reconnu et
honor&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces illusions sont toujours les n&#xf4;tres aujourd&apos;hui. Nous n&apos;avons pas
cess&#xe9; d&apos;estimer l&apos;intelligence ou le prestige social davantage que
l&apos;amour. Nous n&apos;avons pas cess&#xe9; de croire que si nous
vivons &amp;quot;comme il faut&amp;quot;, notre vie sera vierge de souffrance.&lt;br /&gt;Le
sto&#xef;cisme ne fait plus recette aujourd&apos;hui, mais le bouddhisme et le
&lt;em&gt;New Age&lt;/em&gt; ont pris le relai: si tu souffres, dit le bouddhisme, c&apos;est &#xe0;
cause de ton &amp;quot;ego&amp;quot;; si tu souffres, dit le &lt;em&gt;New Age&lt;/em&gt;, c&apos;est parce que tu
n&apos;es pas en &amp;quot;harmonie&amp;quot; avec les forces de la nature.&lt;br /&gt;A l&apos;inverse,
l&apos;&#xe9;vangile du Christ nous dit que celui qui aime souffrira, et qu&apos;il y
aura des moments o&#xf9; tout ne sera pas &amp;quot;harmonieux&amp;quot;. Il nous dit &#xe9;galement
que ceux qui vivent dans l&apos;intimit&#xe9; de Dieu ne seront pas honor&#xe9;s, mais
m&#xe9;pris&#xe9;s.&lt;br /&gt;Le bonheur chr&#xe9;tien - car l&apos;&#xe9;vangile nous dit aussi que nous
serons heureux - ne consiste pas &#xe0; se soustraire &#xe0; la souffrance ou au
rejet, mais &#xe0; aimer jusque dans la souffrance et le rejet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Le bonheur chr&#xe9;tien?&amp;quot;...&lt;br /&gt;Sans doute, c&apos;est celui que nous annoncent
les Evangiles. Mais certains chr&#xe9;tiens pr&#xea;chent un autre bonheur. Pour
les uns, celui qui vit selon le Christ sera constamment souriant, parfaitement &amp;quot;stable&amp;quot;, il
sera d&#xe9;livr&#xe9; de ses &amp;quot;blessures&amp;quot;, il ne souffrira plus. Pour les autres,
l&apos;homme qui aime Dieu sera &amp;quot;b&#xe9;ni&amp;quot; par la richesse et le prestige
social. Si l&apos;on met ensemble ces deux promesses, on obtient le &lt;em&gt;credo&lt;/em&gt;
des t&#xe9;l&#xe9;vang&#xe9;listes am&#xe9;ricains: le chr&#xe9;tien accompli sera &lt;em&gt;&amp;quot;wealthy and healthy&amp;quot;&lt;/em&gt;, riche et sain de corps et d&apos;esprit, c&apos;est-&#xe0;-dire d&#xe9;barrass&#xe9; de toute souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sagesse trop humaine, nous dit saint Paul, est une folie pour
Dieu. Non seulement elle justifie toutes les injustices (&amp;quot;si mon
prochain souffre ou s&apos;il est pauvre, c&apos;est parce qu&apos;il est
p&#xe9;cheur...&amp;quot;), mais en plus elle nous rend aveugles &#xe0; l&apos;essentiel: l&apos;amour qui
veut la justice pour tous, et qui accepte l&apos;injustice pour lui-m&#xea;me. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 21 Feb 2008 09:26:00 GMT</pubDate></item><item><title>La cr&#xe9;ation de la diff&#xe9;rence</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/18/8006249.html</link><category>The&#xf4;ria</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/18/8006249.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8006249/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/18/8006249.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/67/18/328274/22297649.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;165&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/67/18/328274/22297649_p.jpg&quot; alt=&quot;00_eve&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;D&#xe8;s
l&apos;origine de la cr&#xe9;ation Il les fit homme et femme. Ainsi donc l&apos;homme
quittera son p&#xe8;re et sa m&#xe8;re, et les deux ne feront qu&apos;une seule chair.
Ainsi ils ne seront plus deux, mais une seule chair. Eh bien, ce que
Dieu a uni, l&apos;homme ne doit pas le s&#xe9;parer.&amp;quot; &lt;/em&gt;Mc 10, 6-9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est ce que r&#xe9;pond J&#xe9;sus aux pharisiens qui demandent si, conform&#xe9;ment &#xe0; la Loi de Mo&#xef;se, il est permis de r&#xe9;pudier sa femme. &lt;br /&gt;Pour J&#xe9;sus, cette prescription doit &#xea;tre d&#xe9;pass&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, l&apos;attitude du Christ est pr&#xe9;sent&#xe9;e comme une hypermorale.
Comme si, en plus de la Loi, il posait une r&#xe8;gle absolue qui fait du
mariage entre l&apos;homme et la femme la seule forme de vie acceptable, et
du divorce un tabou arbitraire dont la transgression entra&#xee;ne un
ch&#xe2;timent.&lt;br /&gt;Mais est-ce bien de cela qu&apos;il s&apos;agit?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christ en r&#xe9;alit&#xe9; n&apos;&#xe9;tablit pas une r&#xe8;gle, mais nous pousse &#xe0; revenir au fondement m&#xea;me de la cr&#xe9;ation. &lt;br /&gt;L&apos;homme
n&apos;a pas &#xe9;t&#xe9; cr&#xe9;&#xe9; comme un individu autosuffisant, il a &#xe9;t&#xe9; cr&#xe9;&#xe9; dans la
diff&#xe9;rence, il est appel&#xe9; &#xe0; s&apos;ouvrir &#xe0; un(e) autre: &lt;em&gt;&amp;quot;Il les fit homme et femme&amp;quot;&lt;/em&gt;.
Dans le m&#xea;me temps, les &#xea;tres cr&#xe9;&#xe9;s par Dieu sont appel&#xe9;s &#xe0; s&apos;unir.
Ainsi, tout en demeurant diff&#xe9;rents, ils ne sont plus s&#xe9;par&#xe9;s: &lt;em&gt;&amp;quot;ils ne seront plus deux, mais une seule chair&amp;quot;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&apos;union parfaite de deux &#xea;tres qui conservent parfaitement leur
identit&#xe9;: c&apos;est le dynamisme m&#xea;me de l&apos;amour, et c&apos;est &#xe0; cela que le
Christ nous renvoie ici. Ce dynamisme est un &#xe9;lan infini: &lt;em&gt;&amp;quot;Croissez et
multipliez&amp;quot;&lt;/em&gt;... Il appelle toujours plus d&apos;union dans plus de diff&#xe9;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#xe9;rence humaine la plus visible, sans doute, est la diff&#xe9;rence
physique de l&apos;homme et de la femme. Mais ce n&apos;est &#xe9;videmment pas la
seule. La diff&#xe9;rence entre deux &#xea;tres ne se r&#xe9;duit pas &#xe0; la diff&#xe9;rence
sexuelle, qui elle-m&#xea;me ne se r&#xe9;duit pas &#xe0; la diff&#xe9;rence g&#xe9;nitale: il y
a du &amp;quot;masculin&amp;quot; et du &amp;quot;f&#xe9;minin&amp;quot; en chacun de nous.&lt;br /&gt;De m&#xea;me qu&apos;il y a
une infinie vari&#xe9;t&#xe9; dans l&apos;&#xea;tre, il y a une infinie vari&#xe9;t&#xe9; dans
l&apos;amour. Les uns aiment plus tendrement, les autres avec plus de force,
de passion. Les uns aiment une personne du sexe oppos&#xe9;, les autres une
personne du m&#xea;me sexe. Les uns aiment au sein du couple, les autres au
sein du c&#xe9;libat ou de la communaut&#xe9;. Dans tous les cas, ce qui fait la
qualit&#xe9; de l&apos;amour n&apos;est jamais quelque chose de mat&#xe9;riel, mais la
capacit&#xe9; de donner gratuitement et de tenir bon dans cette prodigalit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que rejette donc le Christ?&lt;br /&gt;Non pas le fait de casser un contrat,
mais de poser des actes qui vont &#xe0; l&apos;encontre du dynamisme de l&apos;union -
et peut-&#xea;tre m&#xea;me de se croire juste en posant de tels actes. &lt;br /&gt;Par
exemple le pharisien qui r&#xe9;pudie son &#xe9;pouse par simple convenance;
l&apos;homme qui bat sa femme (comment lui refuserait-on, &#xe0; elle, le
divorce?); mais aussi tous ceux qui voudraient supprimer la diff&#xe9;rence
des autres, et qui, parce qu&apos;ils la refusent au lieu de l&apos;admettre dans
l&apos;union de la charit&#xe9;, cr&#xe9;ent de la division: tous ceux-l&#xe0; &amp;quot;s&#xe9;parent&amp;quot;
ce que Dieu voudrait unir.&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 18 Feb 2008 18:56:00 GMT</pubDate></item><item><title>Conscience et &quot;ob&#xe9;issance&quot;</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/15/7967474.html</link><category>Vie spirituelle</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/15/7967474.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7967474/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/15/7967474.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Si quelqu&apos;un des ministres* commandait &#xe0; un fr&#xe8;re quelque chose
de contraire &#xe0; notre r&#xe8;gle de vie ou &#xe0; sa conscience, qu&apos;il ne soit pas
tenu de lui ob&#xe9;ir; car il n&apos;y a pas d&apos;ob&#xe9;issance au nom de laquelle on
puisse commettre une faute ou un p&#xe9;ch&#xe9;.&amp;quot;&lt;/em&gt; Saint Fran&#xe7;ois d&apos;Assise, &lt;em&gt;Premi&#xe8;re r&#xe8;gle des Fr&#xe8;res Mineurs&lt;/em&gt;, V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#xe9;sente souvent le christianisme, en particulier dans sa forme
catholique, comme une idol&#xe2;trie de l&apos;ob&#xe9;issance. Et sans doute, cela
n&apos;est pas d&#xe9;pourvu de v&#xe9;rit&#xe9;: qui n&apos;admettrait pas qu&apos;il y a d&apos;&#xe9;normes
exc&#xe8;s dans la fa&#xe7;on dont certains responsables d&apos;Eglise exercent
l&apos;autorit&#xe9;, et plus encore, peut-&#xea;tre, dans le d&#xe9;sir infantile de
certains croyants qui ne cherchent dans la foi qu&apos;un moyen d&apos;&#xe9;chapper &#xe0;
leur libert&#xe9;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d&apos;apr&#xe8;s saint Fran&#xe7;ois, m&#xea;me pour un membre de son ordre,
l&apos;ob&#xe9;issance doit toujours &#xea;tre subordonn&#xe9;e &#xe0; l&apos;&#xe9;coute de la
conscience. C&apos;est alors seulement qu&apos;elle peut &#xea;tre un moyen de
coh&#xe9;sion dans la vie de l&apos;ordre, et non pas une abdication de soi-m&#xea;me
et un refus de Dieu. N&apos;est-ce pas lui, en effet, que nous refusons
d&apos;&#xe9;couter lorsque nous &#xe9;touffons le murmure qui nous guide de
l&apos;int&#xe9;rieur?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/35/66/328274/22184535.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;340&quot; height=&quot;130&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;00_francis_and_virgin2&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/35/66/328274/22184535_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Les &amp;quot;ministres&amp;quot; sont les sup&#xe9;rieurs des communaut&#xe9;s. Le terme, qui
signifie &#xe0; l&apos;origine &amp;quot;serviteur&amp;quot;, renvoie &#xe0; l&apos;esprit dans lequel ils
sont cens&#xe9;s exercer leur fonction.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 15 Feb 2008 18:16:00 GMT</pubDate></item><item><title>La haine du corps?</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/15/7966057.html</link><category>The&#xf4;ria</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/15/7966057.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7966057/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/15/7966057.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/39/38/328274/22180982.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;154&quot; height=&quot;307&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;00_Irenaeus&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/39/38/328274/22180982_p.gif&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Dieu sera glorifi&#xe9; dans l&apos;ouvrage par lui model&#xe9;, lorsqu&apos;il l&apos;aura rendu conforme et semblable &#xe0; so&lt;/em&gt;&lt;em&gt;n &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Fils.
Car, par les Mains du P&#xe8;re, c&apos;est-&#xe0;-dire par le Fils et l&apos;Esprit, c&apos;est
l&apos;homme, et non une partie de l&apos;homme, qui devient &#xe0; l&apos;image et &#xe0; la
ressemblance de Dieu. Or l&apos;&#xe2;me et l&apos;esprit peuvent &#xea;tre une partie de
l&apos;homme mais nullement l&apos;homme: l&apos;homme parfait, c&apos;est le m&#xe9;lange et
l&apos;union de l&apos;&#xe2;me qui a re&#xe7;u l&apos;Esprit du P&#xe8;re et qui a &#xe9;t&#xe9; m&#xe9;lang&#xe9;e &#xe0; la
chair model&#xe9;e selon l&apos;image de Dieu.&amp;quot; &lt;/em&gt;Ir&#xe9;n&#xe9;e de Lyon, &lt;em&gt;Adversus Haereses&lt;/em&gt;, V, 6, 1.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chr&#xe9;tiens &amp;quot;ha&#xef;ssent-ils le corps&amp;quot;?&lt;br /&gt;La r&#xe9;ponse est tr&#xe8;s claire
dans ce passage: la &amp;quot;chair&amp;quot; est l&apos;oeuvre de Dieu tout autant que
l&apos;esprit, et c&apos;est l&apos;homme tout entier, non seulement son &#xe2;me, qui est
appel&#xe9; &#xe0; partager la vie de Dieu. Le Christ lui-m&#xea;me est ressuscit&#xe9;
avec son corps, dont il n&apos;a d&apos;ailleurs jamais rien dit de mal...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces
lignes n&apos;ont rien de nouveau: elles sont dues &#xe0; saint Ir&#xe9;n&#xe9;e (II&#xe8;me
s.), dans un trait&#xe9; o&#xf9; il s&apos;oppose aux &amp;quot;gnostiques&amp;quot; qui, eux, ne voient
dans le corps qu&apos;un &amp;quot;tombeau&amp;quot;.&lt;br /&gt;Saint Ir&#xe9;n&#xe9;e &#xe9;tait un disciple de Polycarpe, lui-m&#xea;me, selon ses propres dires, disciple direct de saint Jean l&apos;Evang&#xe9;liste.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 15 Feb 2008 16:40:00 GMT</pubDate></item><item><title>Epicure et le Christ</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7954335.html</link><category>J&#xe9;sus-Christ</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7954335.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7954335/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7954335.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/78/71/328274/22150411.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;121&quot; height=&quot;150&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;00_Epicurus&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/78/71/328274/22150411_p.jpg&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;quot;Il est do&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;ux,
quand la vaste mer est soulev&#xe9;e par les vents, d&apos;assister du rivage &#xe0;
la d&#xe9;tresse d&apos;autrui ; non qu&apos;on t&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;r&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;o&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;uve si grand plaisir &#xe0; regarder
souffrir ; mais on se pla&#xee;t &#xe0; voir quels maux vous &#xe9;pargnent. Il est
doux aussi d&apos;assister aux grandes luttes de la guerre, de suivre les
batailles rang&#xe9;es dans les plaines, sans prendre sa part du danger.
Mais la plus grande douceur est d&apos;occuper les hauts lieux fortifi&#xe9;s par
la pens&#xe9;e des sages, ces r&#xe9;gions sereines d&apos;o&#xf9; s&apos;aper&#xe7;oit au loin le
reste des hommes, qui errent &#xe7;&#xe0; et l&#xe0; en cherchant au hasard le chemin
de la vie, qui luttent de g&#xe9;nie ou se disputent la gloire de la
naissance, qui s&apos;&#xe9;puisent en efforts de jour et de nuit pour s&apos;&#xe9;lever
au fa&#xee;te des richesses ou s&apos;emparer du pouvoir.&amp;quot;&lt;/font&gt; Lucr&#xe8;ce, &lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;De natura rerum&lt;/font&gt;, livre II.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce
passage, d&#xfb; au philosophe &#xe9;picurien Lucr&#xe8;ce, est l&apos;un de ceux qui m&apos;ont
le mieux fait comprendre la particularit&#xe9; de la foi chr&#xe9;tienne:
j&apos;entends par l&#xe0; tout autant la d&#xe9;marche de la foi elle-m&#xea;me, que le
Dieu qui est vis&#xe9; dans la foi.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;Le sage
&#xe9;picurien, en effet, regarde la condition humaine &amp;quot;depuis les hauts
lieux de la pens&#xe9;e&amp;quot;. Il ne s&apos;engage pas dans le monde, il se retire
dans son &amp;quot;Jardin&amp;quot; o&#xf9; il jouit tranquillement de sa propre sagesse. &lt;br /&gt;A
l&apos;inverse, le &amp;quot;sage&amp;quot; de l&apos;Ancien Testament, comme l&apos;auteur du livre de
l&apos;Eccl&#xe9;siaste, se lance dans le monde, il s&apos;y engage en prenant des
risques:&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;br /&gt;
&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&amp;quot;J&apos;ai appliqu&#xe9; mon coeur &#xe0; rechercher
et &#xe0; sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c&apos;est l&#xe0;
une occupation p&#xe9;nible, &#xe0; laquelle Dieu soumet les fils de l&apos;homme. [...]&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;
Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.
[...]&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;
J&apos;ai dit en mon coeur: Allons! je t&apos;&#xe9;prouverai par la joie, et tu
go&#xfb;teras le bonheur. Et voici, c&apos;est encore l&#xe0; une vanit&#xe9;. [...]&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font class=&quot;postbody&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;
Je r&#xe9;solus en mon coeur de livrer ma chair au vin, tandis que mon coeur
me conduirait avec sagesse, et de m&apos;attacher &#xe0; la folie jusqu&apos;&#xe0; ce que
je visse ce qu&apos;il est bon pour les fils de l&apos;homme de faire sous les
cieux pendant le nombre des jours de leur vie.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On le voit, l&apos;Eccl&#xe9;siaste explore la condition humaine avec sa chair et son sang, ce qui ne l&apos;emp&#xea;che pas d&apos;&#xea;tre lucide.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a une diff&#xe9;rence semblable entre
les dieux d&apos;Epicure et le Dieu des Juifs. Les premiers jouissent de
leur b&#xe9;atitude divine sans se soucier des hommes; le second s&apos;engage
dans leur histoire, il fait &amp;quot;alliance&amp;quot; avec eux, et reste fid&#xe8;le &#xe0; son
alliance bien qu&apos;il soit rarement pay&#xe9; de retour. &lt;br /&gt;D&apos;apr&#xe8;s la
r&#xe9;v&#xe9;lation chr&#xe9;tienne, Dieu pousse cet engagement pour les hommes
jusqu&apos;&#xe0; s&apos;incarner: il se fait homme comme eux, afin qu&apos;ils puissent
&#xea;tre r&#xe9;unis &#xe0; la vie de Dieu. Ce Dieu fait homme pour les hommes, c&apos;est
bien s&#xfb;r J&#xe9;sus-Christ. Il y a un monde entre ce Dieu solidaire et les
divinit&#xe9;s d&apos;Hom&#xe8;re, qui ne quittent leur Olympe que pour s&#xe9;duire une
mortelle de temps en temps...&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans l&apos;incarnation, Dieu se confie aux
hommes, il accepte de na&#xee;tre, de grandir, de mourir parmi eux. De m&#xea;me,
la foi que Dieu attend de l&apos;homme, c&apos;est un engagement de toute la
personne: c&apos;est un &#xe9;lan de l&apos;homme vers Dieu, malgr&#xe9; les doutes
l&#xe9;gitimes, malgr&#xe9; l&apos;absence de preuve absolue. Mais &#xe0; l&apos;homme qui
s&apos;engage, il arrive que Dieu fasse le don d&apos;une &#xe9;vidence qui surpasse
toutes les preuves.&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Thu, 14 Feb 2008 17:16:00 GMT</pubDate></item><item><title>Les marchands chass&#xe9;s du temple</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7952780.html</link><category>Vie spirituelle</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7952780.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7952780/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7952780.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;em&gt;
Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de
pigeons, et les changeurs assis. Ayant fait un fouet avec des cordes,
il les chassa tous du temple,
ainsi que les brebis et les boeufs; il dispersa la monnaie des
changeurs, et renversa les tables; et il dit aux vendeurs de pigeons:
&amp;quot;Otez cela d&apos;ici, ne faites pas de la maison de mon P&#xe8;re une maison de
trafic.&amp;quot;
Ses disciples se souvinrent qu&apos;il est &#xe9;crit: &amp;quot;Le z&#xe8;le de ta maison me
d&#xe9;vore.&amp;quot; Les Juifs, prenant la parole, lui dirent: Quel miracle nous
montres-tu, pour agir de la sorte? &lt;/em&gt;&lt;em&gt;J&#xe9;sus leur r&#xe9;pondit: &amp;quot;D&#xe9;truisez ce temple, et en trois jours je le rel&#xe8;verai&amp;quot;.
Les Juifs dirent: &amp;quot;Il a fallu quarante-six ans pour b&#xe2;tir ce temple, et
toi, en trois jours tu le rel&#xe8;veras!&amp;quot; Mais il parlait du temple de son
corps. &lt;/em&gt;&lt;/font&gt;(Jn 2, 14-21)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En lisant ce texte, on pense tout
de suite aux &#xe9;choppes de Lourdes, ou aux &amp;quot;Indulgences&amp;quot; contre monnaie
sonnante et tr&#xe9;buchante, ou aux pr&#xea;ches de certains pasteurs qui
exhortent leurs fid&#xe8;les &#xe0; donner toujours plus d&apos;argent &amp;quot;&#xe0; Dieu&amp;quot;
(c&apos;est-&#xe0;-dire &#xe0; la paroisse). Et certes, le sens le plus &amp;quot;litt&#xe9;ral&amp;quot; de
ce texte n&apos;a rien perdu de son actualit&#xe9;.&lt;br /&gt;Cependant, le r&#xe9;cit le
sugg&#xe8;re: ce n&apos;est pas d&apos;abord le temple de pierres, c&apos;est l&apos;homme qui
est le lieu o&#xf9; Dieu &amp;quot;r&#xe9;side&amp;quot;, tout en &#xe9;tant infiniment au-del&#xe0; de ce
lieu. &lt;br /&gt;Que peut alors signifier pour nous l&apos;&#xe9;pisode des changeurs?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il
veut peut-&#xea;tre dire que nous devons laisser Dieu prendre la place qui
lui revient, qu&apos;il faut faire &amp;quot;place nette&amp;quot; en nous-m&#xea;mes et dans notre
vie si nous voulons recevoir ce que Dieu nous donne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma&#xee;tre
Eckhart, chasser les changeurs, cela veut dire chasser de nous
l&apos;attitude qui consiste &#xe0; &amp;quot;faire commerce avec Dieu&amp;quot;: je le prie pour
recevoir des bienfaits, j&apos;attends de mes &amp;quot;m&#xe9;rites&amp;quot; une &amp;quot;r&#xe9;compense&amp;quot;,
peut-&#xea;tre m&#xea;me une r&#xe9;compense &#xe9;ternelle. Or ce n&apos;est pas &#xe0; cela que le
Christ nous invite, mais &#xe0; la gratuit&#xe9;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais une autre lecture
est possible, et sans doute &#xe9;galement juste. Les changeurs, cela peut
signifier aussi la masse des soucis &amp;quot;mercantiles&amp;quot; qui accaparent notre
esprit. Il y a une double ali&#xe9;nation dans notre mode de vie
d&apos;aujourd&apos;hui, une double fa&#xe7;on dont la soci&#xe9;t&#xe9; nous rend &#xe9;trangers &#xe0;
nous-m&#xea;mes.&lt;br /&gt;D&apos;une part, on nous commande de consommer sans limite,
sans quoi il n&apos;y aurait plus de &amp;quot;croissance&amp;quot;. D&apos;autre part, on nous
oblige &#xe0; produire sans cesse, sans quoi il serait impossible de
consommer. Notre soci&#xe9;t&#xe9; tend donc &#xe0; nous r&#xe9;duire &#xe0; des machines qui
produisent et qui consomment, et &#xe0; supprimer tout espace possible entre
ces deux activit&#xe9;s. &lt;br /&gt;Nietzsche le voyait d&#xe9;j&#xe0;, et il pr&#xe9;conisait, comme rem&#xe8;de &#xe0; cette hyperactivit&#xe9; et cet h&#xe9;donisme destructeurs, un retour &#xe0; l&apos;&lt;em&gt;otium&lt;/em&gt;,
au loisir humanisant de l&apos;Antiquit&#xe9;. Il appelait m&#xea;me de ses voeux une
nouvelle &amp;quot;vie contemplative&amp;quot;. A partir de cet espace vierge, sans
production, sans consommation, il est possible de redonner du sens &#xe0;
notre travail comme &#xe0; notre jouissance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire place nette,
cela ne veut donc pas dire renoncer &#xe0; ce que nous sommes, mais bien au
contraire lib&#xe9;rer un espace o&#xf9; nous pouvons &#xea;tre ce que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/20/07/328274/22146630.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;260&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;00_Les_marchands_chasses_&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/20/07/328274/22146630_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Feb 2008 15:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>Simplicit&#xe9; de Dieu</title><dc:creator>ioannes</dc:creator><link>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7952032.html</link><category>The&#xf4;ria</category><comments>http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7952032.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://ioannes.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/7952032/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://ioannes.canalblog.com/archives/2008/02/14/7952032.html</guid><description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/16/96/328274/22144587.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;110&quot; height=&quot;150&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;00_aquinas_angelico&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/16/96/328274/22144587_p.jpg&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;quot;Il reste que le premier des &#xea;tres doit &#xea;tre absolument simple&amp;quot;&lt;/em&gt; Thomas d&apos;Aquin, &lt;em&gt;Compendium&lt;/em&gt;, ch.9.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque l&apos;on s&apos;aventure &#xe0; parler de Dieu, on est tent&#xe9; de multiplier
sans fin ses &amp;quot;attributs&amp;quot;, ses perfections, et ce n&apos;est pas sans raison: la
r&#xe9;alit&#xe9; de Dieu n&apos;est-elle pas d&apos;une richesse, d&apos;une complexit&#xe9; infinie?&lt;br /&gt;Et
pourtant, on oublie souvent que Dieu, s&apos;il peut &#xea;tre d&#xe9;crit comme
vivant d&apos;une vie infiniment riche, peut aussi &#xea;tre consid&#xe9;r&#xe9; comme
&amp;quot;l&apos;&#xca;tre absolument simple&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comment approcher cette simplicit&#xe9;?&lt;br /&gt;Dieu serait-il ce qui reste
une fois que nous avons abstrait de notre pens&#xe9;e toute composition?
Serait-il quelque chose comme le vide infini rassembl&#xe9; en un point? &lt;br /&gt;Peut-&#xea;tre,
en un sens, car tout&amp;nbsp; ce que nous disons de lui n&apos;est jamais, dans
une certaine mesure, qu&apos;une simple projection de notre &#xea;tre fini et
divis&#xe9;. Dieu serait donc appr&#xe9;hend&#xe9; par une n&#xe9;gation, il serait un
&amp;quot;n&#xe9;ant&amp;quot; par rapport &#xe0; tout ce qui est: &amp;quot;Et je vis que ce n&#xe9;ant &#xe9;tait
Dieu&amp;quot;, &#xe9;crit Ma&#xee;tre Eckhart.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cependant, si nous y pensons bien, nous verrons que nos paroles sont
encore trop pauvres lorsque nous disons que Dieu est ce &amp;quot;rien&amp;quot;. Nous en
disons encore trop: nous lui donnons d&#xe9;j&#xe0; un nom humain.&lt;br /&gt;Et quitte &#xe0;
lui en donner un, ne devrions-nous pas choisir celui qui exprime au
mieux, non seulement sa transcendance (sa diff&#xe9;rence infinie) mais la
pl&#xe9;nitude dont elle d&#xe9;coule?&lt;br /&gt;Quel pourrait &#xea;tre un tel nom?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon (tr&#xe8;s) vieil ami Jacques, que je vois &#xe0; la messe tous les
matins, me disait r&#xe9;cemment: &amp;quot;Dieu n&apos;est qu&apos;amour. Apr&#xe8;s, on a rajout&#xe9;
des choses: &apos;il punit&apos;, etc. Mais en r&#xe9;alit&#xe9; Dieu n&apos;est qu&apos;amour, et on
a rajout&#xe9; des choses pour que la messe soit plus longue.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette r&#xe9;flexion peut sembler banale, mi&#xe8;vre ou na&#xef;ve, mais je crois
qu&apos;il n&apos;en est rien. Si nous consid&#xe9;rons que l&apos;amour est le nom de la
simplicit&#xe9; de Dieu, alors elle appara&#xee;t dans une autre lumi&#xe8;re.&lt;br /&gt;L&apos;amour
dont il est question n&apos;est pas une &#xe9;motion vague, une gentillesse
b&#xe9;ate. Loin de l&#xe0;, il est la simple pl&#xe9;nitude dont d&#xe9;coulent toute
r&#xe9;alit&#xe9;, toute puissance, toute beaut&#xe9;, toute libert&#xe9;, toute justice,
toute bont&#xe9;, toute douceur et toute force.&lt;br /&gt;Tous les discours
des th&#xe9;ologiens, les t&#xe2;tonnements des philosophes, les pri&#xe8;res de la
liturgie, ne viseraient donc que ce point unique, dans son absolue
simplicit&#xe9;.&lt;br /&gt;Il faudrait toujours se souvenir de cela lorsque nous parlons de Dieu, et &#xe0; Dieu.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Feb 2008 14:20:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>